LAGUNAK RIDGE PAR FANNY TOMASI SCHMUTZ

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AMA DABLAM - Lagunak ridge - 6856 m - Himalaya - Khumbu - Népal
 
Après des mois de préparation, de changements de plans et de rebondissements en tous genres, nous nous envolons pour Kathmandu le 5 octobre.

Avec Fleur Fouque, Sebastien Rougegré et Damien Tomasi, nous avons comme objectif de tenter la première répétition en style alpin de la "Lagunak ridge" (arête sud-est) sur l' l'Ama Dablam
Notre ami slovène Tomaz Jackfocic et sa femme,Tina di Batista, en avaient tenté l'ascension en 2005 et avaient été contraints de redescendre très haut dans la voie à cause du mauvais temps. 
Leurs photos et récits nous ayant bien attirés, et c'est grâce à eux que nous décidons de tenter notre chance. 
Ouverte en 1985, l'arête a été répétée deux fois, à chaque reprise en style himalayen.

Bien que les préparatifs aient été parfois laborieux, on peut dire maintenant que l'expédition ne pouvait mieux se dérouler... Une véritable expé express!

Arrivés à Kathmandu, nous ne restons qu'une seule journée pour les derniers achats et l'incontournable passage au Ministère du tourisme... La grande mascarade de l'officier de liaison, des paperasses, et des beaux discours...

Nous avons de la chance et prenons l'avion pour Lukla le lendemain. Puis 4 jours de marche avec arrêts aux villages de Monjo, Namche Bazar, et Pangboche (où nous nous reposons deux jours en compagnie de Benjamin Guigonnet et Helias Millérioux descendus se reposer avant de tenter l'ascension de la face sud du Nuptse) nous amènent au camp de base.
Camp de base, qui, nous l'apprenons grâce à notre super guide népalais Boudi, dispose depuis deux ans d'un lodge grand luxe tenu par Nima et Lakpa Sherpa.

Au départ du lodge, nous entamons l'acclimatation sur la voie normale de l'Ama Dablam... Montées au camp de base avancé (5 fois), dodo, nuit au camp 1... Tout ça entrecoupé de pancakes, momos et thé au lait au lodge, parties de coinches à n'en plus finir (filles contre garçons) à 4600m et 5800m, rhumes en tous genres, inhalations, observation de la paroi...encore... et encore.

Le 22 octobre nous sommes plus ou moins acclimatés. Nous pensons redescendre soigner nos maux divers et variés à Pangboche mais le créneau est là. Il fait grand beau!
Nous nous accordons tout de même un jour de repos et c'est le grand départ.

Nous récupérons le matériel que nous avions entreposé au camp de base avancé de la voie normale, puis, une longue marche dans la moraine instable nous amène au pied de notre voie, à 5600m. Nous installons là notre premier bivouac.

Le lendemain, lever 1h. La première partie pour arriver au pied des difficultés est plus longue que prévue. Elle est peu difficile mais nous prenons soin de bien nous protéger et le poids des sacs nous ralentit. Puis, l'arête se redresse, le rocher est magnifique. Quelques passages en 5 alternent avec des longueurs plus faciles, mais toujours dans du bon caillou facilement protégeable. 


Premiere partie en rocher

Les reliques de cordes fixes des exposé précédentes ne nous gênent pas et nous indiquent même l'itinéraire... Puis deux longueurs de champignons de neige assez difficiles et impressionnantes nous mènent au pied de la section de mixte, là où les précédentes expéditions avaient bivouaqué dans une mystérieuse grotte de glace.

Grotte que nous ne trouverons pas. La nuit et la neige aidant, nous nous retrouvons plus ou moins installés chacun dans nos tentes... Seb et Fleur assis, et Damien et moi à moitié couchés dans le vide (ce qui me vaudra une chute nocturne peu agréable...).

Après une nuit fatigante à 6200 m, nous attendons l'arrivée du soleil pour recommencer à grimper. Deux longueurs de mixte dans du rocher moyen conduisent au grand couloir de neige de la partie médiane. 


Partie médiane en neige

Ce ne sera pas la partie la plus agréable mais nous arrivons à la négocier un peu mieux que prévu. Puis la rampe tant redoutée en mixte se profile. L'escalade y est superbe, avec comme cerise sur le gâteau, une dernière longueur de glace en 5 pour prendre pied sur la voie normale.


Nous finissons encore la journée de nuit. Bivouac au-dessus du sérac de la voie normale à 6600m en plein vent. La nuit ne sera pas bien meilleure que la précédente!

Dernière ligne droite: 250m de pente de neige commune à la voie normale. Il fait froid et c'est dur, mais la récompense est immense au sommet. Protégés du vent nous avons la chance de profiter un peu là-haut.


Sommet

Une petite larme est c'est reparti. Il ne nous reste plus qu'à redescendre sur les cordes fixes de la voie normale.... Partie la plus dangereuse sur des semblants de ficelous accrochés tant bien que mal à des relais plus ou moins fiables...

C'est sains et saufs mais fatigués que nous retrouvons Boudi venu nous apporter, au camp de bas avancé, le breuvage magique... Un coca!

Une très belle voie et une magnifique expérience..

 

Merci à Simond pour son soutien!

Fanny TOMASI SCHMUTZ

TEAM SIMOND

 

 

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