MISSION EN PAROI D'ARAGON PAR ROMAIN WAGNER

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MONTREBEI - Paroi d'Aragon - Alucinosis et Jim Beam - 300 m - Pyrénées - France - Novembre 2015
 
Deux très très longues journées avec les jeunes de l'équipe CAF Midi pyrénées...

Pour la plupart d'entre eux, découverte de Montrebei et de ces parois magnifiques, premier bivouac en paroi et apprentissage de l'organisation qui va avec...
Nous avons fait deux cordées avec Camille, Max et Simon dans "Jim Beam" (550 m, 6b/A2) tandis que Jérémy, Nicolas et moi étions dans Alucinosis (550 m, A2+/6c).
Je laisse la parole à Simon Verrier qui nous décrit cette aventure comme il l'a vécue !

Romain, en bon adepte des pratiques d'auto-flagelation grimpistiques a le projet de trainer 5 d'entre nous (Cocotte, Max, Nico, Jéjé et Simon) dans les grandes voies de la paroi d'Aragon à Montrebei. Les lignes visées sont Alucinosis et Jim Beam, environ 550m chacune, du rocher allant de très bon à bien pourave, des pas d'artifs, des parois déjà très verticales qui se redressent encore, une nuit dans la face, un vide qui se creuse et une marche de retour qui se mérite.

Samedi 5h : Réveil

Arrivés la veille vers minuit au parking, grâce à la conscience professionnelle des patrons de certains et après un repas là où « ca coûte pas plus cher de bien manger », nous déjeunons rapidement pour attaquer l'approche.

~8h30 : Départ

L'assaut est donné sur la première longueur commune aux deux voies. C'est le début d'une première longue journée.

Jéjé, Nico et Rom' partent droit dans les toits d'Alucinosis tandis que nous partons à droite, avec Cocotte et Max, dans la ligne moins directe de Jim Beam. Nous nous retrouverons tard le soir sur la vire de bivouac au milieu de la paroi.

Jim Beam :
Les premières longueurs en rocher médiocre sont grimpés en alternant libre et artif jusqu'à R4. L5 est la première longueur dure nécessitant un bon talent d'artificier et un bon niveau de grimpe. C'est son Excellence de l'Alpinisme National, alias Cocotte qui nous déverrouille ce passage avec classe puissance et maîtrise.

  
Le toit de L 5

On a faim, il doit être 14h, peut être 18, le temps ne suit pas son cours habituel sur ces parois raides. La maitrise du hissage des deux sacs commence à venir, la remontée à la jumar plein gaz aussi, on avance et c'est Max qui se charge de quasi-libérer L6, donnée pour A2, soit disant que les trous de pitons font de bonnes réglettes et que les mouv' d'épaule sont magnifiques... La nuit tombe, on se demande à quel moment le temps à pu s'écouler aussi rapidement. L'ambiance est particulière dans cette face en pleine nuit noire, surtout quand les trois frontales sont au pied de la longeur et que le leader construit son relai au radar et lance d'une voix plein de défi « Allez-y, mais un par un ! ». Non, je préfère dormir en équilibre précaire avec un quart de fesse posé sur une écaille coupante que de me lancer plein gaz la dessus. Passé le doute, on réfléchit et on trouve le moyen de faire monter une frontale jusqu'au relai supérieur. Une fois certifié aux normes, on se lance dessus, il reste encore une longueur avant la vire, on y parviendra peu avant minuit...


    


00h : La vire

Bon c'est pas non plus le Ritz, seuls quelques emplacements présentent une plateforme horizontale, mais ça ira, on n'est pas là pour se reposer ! On retrouve les Alucinés, bien contents de leur journée, ils ont été tellement rapides qu'ils ont pu fixer quelques longueurs au dessus de la vire ! Une bière, une soupe et une purée plus tard, c'est repos, réveil fixé à 6h !

Dimanche 6h30 :

Remontée de L11
Il a plu mais il a pas fait froid. Ca pique, mais ca fait du bien d'être là, on a un peu gratté sur le réveil, on déjeune et on repart. Une première longueur en traversée donne le thème de la journée : plein gaz ! A la sortie du duvet, ça decrasse... Dans la cordée les rôles sont maintenant fixés, à qui grimpe, à qui déséquipe, à qui remonte à la jumar, on a l'impression d'avancer plus vite qu'hier, et tant mieux : c'est 10 longueurs qu'il va falloir négocier.
La vitesse, c'est relatif. Dans ce dièdre parfait, le vide se creuse, la fatigue se fait sentir, les relais demandent toujours autant de travail, il faut toujours hisser les sacs même si ils ont bien perdu du poids. A deux longueurs du sommet, une vire, une vraie, une ou on pourrait stationner une twingo et accessoirement s’asseoir et se couper un peu du vide, il fait encore bien claire, la fin de la voie est plus facile, ça va sortir... mais pas de jour !

Dimanche 20h30 : Summit 1

Le temps a encore décidé de filer entre le petit dej et la tombée de la nuit. Les sacs sortent de la voie, les dernières bières triples belges sont vidées avec respect, le saucisson est tranché avec solennité, le fromage est découpé avec humilité, on avait la dalle et on avait soif.

Dimanche ~22h : Summit 2

Nico sort d'Alucinosis, on est tous en haut, malgré les frayeurs de Jéjé, tout le monde est arrivé sur le plateau ! Pour l'instant on est encore content.

Lundi ~2h : Voitures !

Là on est moins content, c'est bon quand c'est long, c'est ça la paroi de Catalogne, du coup on a bien profité de la marche du retour, entre la bartasse dans les buis et la pause selfie de 20minutes du guidos-qui-recommence-20-fois-la-photo-parcequ'il-a-une-gueule-de-blaireau-dessus-et-ça-la-fout-mal-sur-mon-blog, l'arrivée aux voitures tient de l'instant de grâce. On mange et on boit, parcequ' on avait encore la dalle et qu'on avait encore soif, on bourre les bagnoles, et on se casse !

Lundi 6h : Toulouse !

Un bon gros double tour de quadrant ! On « commence à prendre gout à la soumission ».
Merci Romain, Cocotte, Max, Nico et Jéjé. Ca valait le coup même si on en a c.... !

Aller, une petite vidéo pour l'ambiance !

https://vimeo.com/144635652

Romain WAGNER

TEAM SIMOND

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