UN RÊVE D'ALPINISTE : LA WALKER AUX GRANDES JORASSES PAR BENJAMIN GUIGONNET

Lundi 28 aout, enfin nous buvons une bière au refuge de Leschaux, face au mur. La météo est bonne, les conditions correctes. Nous avons hate d’en découdre avec ce morceau d’histoire de l’apinisme vaincue en 1938 par Ricardo Cassin, Luigi Esposito et Ugo Tizzoni.

Réveil 1h00, le soleil se lève autour des 6h30, nous venons de grimper le dièdre Rébuffat. Bernard, alpiniste amateur expérimenté est super efficace. Et moi je suis tout excité de pouvoir enfin mettre une image sur les noms des passages emblématiques de l’itinéraire, dièdre de 75m, les dalles grises, dalle noire, névé triangulaire, cheminée rouge….

Les cheminée rouges seront à la hauteur de leur réputation, bien en mixte, une erreur d’itinéraire me coutera beaucoup d’énergie et du temps.

A 19h15, je sors la tête de la corniche sommital suivie peu de temps après par Bernard. Nous sommes au sommet des 1200m de l’éperon Walker. le soleil se couche déjà, les lumières sont belles. Mais la course n’est pas finie…

A 23h nous entrons dans le refuge de Boccalatte, fin des difficultés.

Mercredi matin, nous terminons tranquillement notre aventure qui restera pour nous deux un grand moment d’alpinisme !

Après un départ à 1h30 du refuge, nous arrivons bientôt au pied du dièdre de 75m le jour levé.
Au relais de la première longueur du dièdre.
Le coté droit était bien humide ce matin.
La deuxième longueur et dernière du dièdre de 75m, surement autour du 6a ?
Juste avant le rappel pendulaire. L’itinéraire laisse perplexe, comment on t il fait pour trouver leur chemin en 1938…?
Bernard avant le pendule.
Juste après le pendule, un 4c qui peut laisser des souvenirs.
Les dalles grises en bonnes conditions. Heureusement quelques pitons rendent l’escalade possible en libre… ou pas…
Au pied de la dalle noire, Une longueur 5 étoiles de la voie dans un super granit.
Laurent, corse et guide de haute montagne suivi de son ami JB dans cette même longueur.
Sur le fil de l’arête sous le névé triangulaire. L’ambiance dans ces longueurs plutôt faciles est géniale.
Puis les choses sérieuses reprennent avec l’arrivée des cheminées rouges. Nous sortons les crampons.
Nous ne les quitterons plus jusqu’au sommet. Dernière longueur !
La corniche sommital apparait soudainement et c’est avec pleins d’émotions qu’on se rétablit sur le sommet des Grandes Jorasses, la pointe Walker 4208m. Bernard réalise son rêve, il est autour des 19h30.
HAUT DE PAGE